Lundi 26 mai 2008
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Parler d’argent suscite la plupart du temps un sentiment de
malaise, de pudeur coupable, voire de honte. Ce thème reste tabou dans une société où, pourtant, des sujets très intimes sont couramment abordés. Alors que dans certains milieux financiers parler
d’argent est une évidence, ce sujet reste inaccessible et problématique pour le commun des mortels.
Notre tradition judéo-chrétienne n’est d’ailleurs pas étrangère à cette contradiction : « Bienheureux les pauvres » ou encore : « Il est plus difficile à un
riche d’entrer dans le royaume des cieux qu’à un chameau de passer par le chas d’une aiguille », enseigne-t-elle. Ce type de croyance conforte le pouvoir des nantis tout en maintenant les
désargentés dans une position de soumission.
Cette difficulté face à l’argent ferme la porte à l’abondance, à la fluidité. Je n’évoque pas ici une accumulation de richesses qui renverrait à la peur du manque,
mais l’aisance, la prospérité, une énergie de l’argent qui circule entre les personnes et leur permet d’atteindre leurs objectifs tant matériels qu’existentiels — voire spirituels — et tant
individuels que collectifs.
Argent, affectivité et fidélités familiales inconscientes.
On constate souvent que les
difficultés relatives à l’argent sont intimement liées à des conflits, à des manques psychoaffectifs, d’une part, et à des scénarios répétitifs (dettes, faillites, dilapidations d’héritages…)
découlant de fidélités familiales inconscientes transgénérationnelles, d’autre part.
Croyances, peurs et dysfonctionnements récurrents.
Force est de constater, lorsqu’on se penche sur une autobiographie financière, que les dysfonctionnements d’une personne face à l’argent
prennent racine dans les croyances et les peurs héritées de son éducation et du contexte socioculturel qui l’a vue naître.
En effet, on observe que les personnes qui rencontrent des problèmes d’argent (débiteurs chroniques, acheteurs compulsifs, comportements d’échec…) véhiculent des croyances profondément enracinées
quant à leur incapacité à être prospère :
Je n’y ai pas droit…
Je ne le mérite pas…
Je n’ai pas de valeur…
Je me sens coupable…
Cela m’angoisse …
Ces croyances inconscientes ou semi-conscientes génèrent donc un comportement d’auto sabotage. De tels mécanismes impliquent également des peurs face au
fonctionnement de l’argent :
Peur de consulter ses
comptes…
Peur de devoir régler ses
factures…
Peur de chercher à équilibrer son
budget…
Peur d’oser réclamer son
dû…
Et lorsqu’on ne sait pas faire face à la réalité de l’argent, on se laisse engloutir dans ses méandres jusqu’à se mettre en situation de difficultés financières
chroniques.
Une fois ces mécanismes de fidélité transgénérationnelle — croyances… peurs… — identifiées et en grande partie dépassées, il convient de se fixer des objectifs à
plus ou moins long terme, plus ou moins importants, afin de commencer à libérer l’énergie de l’argent. Cette démarche de libération de l’énergie de l’argent revient à « s’autoriser soi-même
à devenir acteur de sa situation financière » ce qui est une condition essentielle pour être en mesure de passer ensuite à un autre registre.
Je souhaite que cette réflexion contribue à lever ces tabous, afin que l’argent devienne un moyen et non une fin pour le plus grand
nombre.